
PHOTO/Audience du Ministre des Mines et les responsables de CHINA RAILWAY RESSOURCES UNIVERSAL LIMITED
Fort d’un parcours remarquable dans le secteur minier, chercheur passionné et géologue de renommée mondiale, le professeur Dona KAMPATA, doyen de la Faculté de pétrole, gaz et énergies renouvelables de l’Université de Kinshasa, relève plusieurs détails techniques importants concernant l’annonce de l’exploitation du cuivre dans l’espace Grand-Kasaï, au centre de la République démocratique du Congo.
Selon l’annonce du ministère des Mines, ce projet d’investissement, porté par la société China Railway Resources Universal Limited, vise l’exploitation du cuivre dans la région du Grand-Kasaï, précisément à Miabi et Kabeya-Kamwanga, avec une capacité de production comprise entre 200 000 et 500 000 tonnes de cuivre par an.
Dans une analyse technique préliminaire, le professeur KAMPATA précise qu’aucune donnée technique vérifiable ne permet actuellement de confirmer :
– l’existence d’un gisement de cuivre de classe mondiale dans cette région ;
– la présence de ressources minérales conformes aux standards internationaux (JORC, NI 43-101) ;
– ou encore l’existence de campagnes publiques de forages systématiques, de modélisations géologiques avancées et d’estimations de ressources catégorisées (inférées, indiquées et mesurées).
Il souligne également une incohérence entre les objectifs de production annoncés et le niveau actuel de connaissance géologique. Selon lui, une production de 500 000 tonnes de cuivre par an implique l’existence d’un gisement de rang mondial ainsi que des réserves exploitables sur plusieurs décennies. Sans détour, il affirme qu’aucun gisement de cette ampleur n’est actuellement identifié dans l’espace Kasaï.
Soucieux du développement du secteur minier de son pays, il alerte sur les différents risques géologiques, économico-financiers, stratégiques et institutionnels que la RDC pourrait encourir en s’engageant dans un tel projet sans préalables techniques solides.
Fort de son expérience, il rappelle que tout projet minier de cette envergure doit impérativement respecter plusieurs étapes essentielles : la phase d’exploration, l’estimation des ressources, les études techniques ainsi que la décision finale d’investissement.
Il recommande néanmoins, à court terme, de surseoir à toute signature de contrat d’exploitation et d’exiger la publication des données géologiques disponibles. À moyen terme, il préconise le lancement d’un programme national d’exploration du Grand-Kasaï. Enfin, à long terme, il suggère d’intégrer le Kasaï dans une stratégie nationale de diversification minière fondée sur des données scientifiques plutôt que sur des projections spéculatives.
Cet expert congolais est très attendu au Forum africain des droits des ressources naturelles, dont le thème principal est : « Titres miniers, garanties et instruments de financement des opérations minières ». Cette rencontre est prévue du 24 au 26 juin à Douala, au Cameroun.
Pepito SAKASAKA