HYDROCARBURES

L’actualité stratégique des hydrocarbures en Afrique

Nom de l’auteur/autrice :FOCUS HYDROCARBURES

Enseignement

Conférence « Muanda Après Pétrole » 3ᵉ édition : le Professeur Dona KAMPATA désigné Parrain scientifique

Photo/Prof. Dona KAMPATA reçoit le diplôme de mentorat preuve de son accompagnement à Focus Hydrocarbures sarlu La troisième édition de la Conférence scientifique « Muanda Après Pétrole » franchit une nouvelle étape dans son organisation avec la désignation du Professeur Dona KAMPATA comme Parrain scientifique de cet important rendez-vous consacré à la réflexion sur l’avenir énergétique et économique de la ville pétrolifère de Muanda. Doyen de la faculté de Pétrole, Gaz, et énergies renouvelable de l’université de Kinshasa, Géologue de renom et spécialiste en minéralogie, le Professeur Dona KAMPATA bénéficie d’une solide expérience dans les domaines des ressources naturelles, de la gouvernance minière et du développement durable. Son parcours académique et professionnel fait de lui une personnalité de référence, dont l’expertise contribuera à renforcer la qualité scientifique des travaux de cette troisième édition. Prévue les 24 et 25 août 2026, la Conférence « Muanda Après Pétrole » sera organisée autour du thème « L’électricité comme moteur du développement durable de Muanda : défis, opportunités et perspectives pour l’après-pétrole ». En acceptant ce rôle de Parrain scientifique, le Professeur Dona KAMPATA apportera son accompagnement intellectuel à cette initiative qui ambitionne de réunir chercheurs, universitaires, décideurs publics, investisseurs, entreprises et partenaires au développement autour des enjeux de la transition énergétique de Muanda. La plateforme Focus Hydrocarbures se réjouit de cette marque de confiance et considère cette désignation comme un signal fort en faveur de la promotion de la recherche scientifique, de l’innovation et du dialogue entre le monde académique et les acteurs du développement. Cette troisième édition vise notamment à produire des recommandations concrètes susceptibles d’accompagner les pouvoirs publics, les collectivités locales et les investisseurs dans la construction d’un modèle de développement résilient pour l’ère post-pétrolière. Les échanges porteront notamment sur l’accès à l’électricité, l’industrialisation locale, les énergies renouvelables, la gouvernance énergétique, l’innovation ainsi que les mécanismes de financement de la transition. Par cette désignation, la Conférence « Muanda Après Pétrole » confirme sa volonté de s’appuyer sur les meilleures compétences scientifiques afin de faire de cette troisième édition un cadre de réflexion stratégique au service du développement durable de Muanda et de la République démocratique du Congo. Rédaction

focus-hydrocarbures

Quatre ans après le lancement de l’appel d’offres sur les blocs pétroliers et gaziers en RDC : quel bilan scientifique et stratégique ?

Les 28 et 29 juillet 2022, à Kinshasa, le gouvernement de la République démocratique du Congo lançait officiellement un appel d’offres international portant sur 27 blocs pétroliers et 3 blocs gaziers situés dans le lac Kivu. Présentée comme une étape majeure pour le développement du secteur des hydrocarbures, cette initiative avait immédiatement suscité un vif intérêt, mais aussi de nombreuses interrogations sur les plans économique, environnemental et géopolitique. Quatre ans après ce lancement, l’heure est au bilan. Une ambition économique confrontée aux réalités du marché L’objectif affiché par les autorités était d’attirer des investisseurs capables de financer l’exploration et, à terme, l’exploitation des ressources en hydrocarbures du pays. La RDC dispose en effet d’un potentiel pétrolier et gazier encore largement sous-exploré et faiblement exploité. À ce jour, seul le bassin côtier est en production, représentant environ 3 % du potentiel national. Ce potentiel pourrait contribuer à la diversification de l’économie ainsi qu’à l’augmentation des recettes publiques. Cependant, le contexte international a profondément évolué depuis 2022. La transition énergétique mondiale, les exigences croissantes en matière de gouvernance environnementale (ESG), ainsi que la volatilité des prix du pétrole ont influencé les stratégies des compagnies pétrolières internationales, rendant les décisions d’investissement plus prudentes. Les enjeux scientifiques au cœur du débat Sur le plan scientifique, l’exploitation des hydrocarbures dans plusieurs blocs, notamment ceux situés dans des zones écologiquement sensibles, soulève des questions majeures. Le cas du lac Kivu est particulièrement complexe. Ce lac renferme d’importantes quantités de méthane dissous dans ses profondeurs. Une exploitation maîtrisée pourrait constituer une source importante d’énergie tout en réduisant certains risques naturels liés à l’accumulation des gaz. En revanche, toute intervention nécessite une connaissance approfondie de la dynamique géologique, limnologique et géochimique du lac afin d’éviter de perturber son équilibre naturel. À cela s’ajoute le contexte sécuritaire préoccupant de l’est de la RDC, où l’insécurité persistante constitue un défi supplémentaire pour toute activité d’exploration et d’exploitation. Par ailleurs, plusieurs blocs pétroliers sont localisés à proximité d’écosystèmes à forte valeur biologique. Il convient de rappeler que les études d’impact environnemental doivent reposer sur des données scientifiques robustes, intégrant notamment la biodiversité, l’hydrologie, les émissions de gaz à effet de serre ainsi que les effets socio-économiques sur les communautés locales. Gouvernance et attractivité des investissements Le processus d’appel d’offres a également mis en évidence l’importance de la transparence dans la gestion des ressources naturelles. Les investisseurs internationaux accordent une attention particulière à la stabilité réglementaire, à la sécurité juridique des contrats et à la qualité des données géoscientifiques disponibles. L’accès à des informations géologiques fiables demeure un facteur déterminant pour réduire les risques liés à l’exploration et renforcer l’attractivité des blocs proposés. Quatre ans après : quelles perspectives ? Quatre ans après son lancement, le processus d’appel d’offres n’a pas produit les résultats escomptés. Pour plusieurs observateurs, il a « accouché d’une souris ». Le projet semble aujourd’hui être au point mort, même si le cadre légal prévoit les mécanismes permettant sa relance. Le défi consiste désormais à concilier l’exploitation des ressources naturelles, la protection de l’environnement, le progrès scientifique et le développement durable. Les décisions futures devront s’appuyer sur des données scientifiques solides, une gouvernance transparente, un cadre juridique plus attractif et une coopération étroite entre les pouvoirs publics, les chercheurs, les opérateurs privés et les communautés concernées. Présente dès le lancement de ce processus en juillet 2022, Focus Hydrocarbures SARLU continue de suivre de près l’évolution du secteur. L’entreprise entend contribuer à une meilleure compréhension des enjeux scientifiques, techniques, économiques et stratégiques liés au développement des hydrocarbures en République démocratique du Congo. Ir. Pepito SAKASAKA CEO – Focus Hydrocarbures SARLU

Énergies

Muanda/RDC : Construction du port en eaux profondes de Banana, avec quelle électricité ?

La construction du port en eaux profondes de Banana, dans le territoire de Muanda (Kongo Central), est présentée comme l’un des projets structurants les plus importants de la République démocratique du Congo. Destiné à offrir au pays une véritable ouverture maritime capable d’accueillir les plus grands navires porte-conteneurs, cet investissement devrait transformer les échanges commerciaux, renforcer la souveraineté logistique nationale et attirer de nouveaux investisseurs. Dans un contexte marqué par les enjeux de l’après-pétrole, cette initiative apparaît comme une opportunité de développement durable pour cette partie de la République. Mais derrière les grues, les quais et les ambitions économiques se pose une question fondamentale : avec quelle électricité ce futur hub portuaire fonctionnera-t-il ? Un port moderne, une forte demande énergétique Un port en eaux profondes ne se résume pas à des infrastructures maritimes. Son fonctionnement repose sur une alimentation électrique fiable, continue et de grande capacité. Éclairage des quais, grues de manutention, systèmes de sécurité, centres de contrôle, entrepôts frigorifiques, postes de douane, installations administratives, alimentation des zones industrielles et logistiques : autant d’équipements qui nécessitent une énergie abondante et stable, disponible 24 heures sur 24.Sans une capacité électrique suffisante, les performances opérationnelles du port pourraient être limitées et les coûts d’exploitation considérablement alourdis. Muanda, une cité pétrolière paradoxalement sous-électrifiée Le paradoxe est connu depuis plusieurs décennies. Muanda est le principal bassin pétrolier en exploitation de la RDC depuis plus de trente ans. Pourtant, les populations locales continuent de faire face à une desserte électrique insuffisante, marquée par des coupures fréquentes et une couverture limitée. Cette réalité alimente depuis longtemps les revendications de la société civile, qui demande que l’exploitation des ressources naturelles profite également aux communautés locales. Les questions liées à l’électrification figurent régulièrement parmi les principales préoccupations exprimées auprès des autorités. Les résolutions issues de la deuxième Table ronde tripartite réunissant le Gouvernement, les communautés locales et les sociétés pétrolières, tenue en 2022, demeurent à ce jour insuffisamment mises en œuvre, notamment celles relatives à l’amélioration de l’accès à l’électricité dans cette zone côtière. Quel mix énergétique pour le futur port ? Face aux besoins énergétiques du futur complexe portuaire, plusieurs solutions apparaissent envisageables dans le cadre d’un mix énergétique. La première consiste à renforcer le réseau national grâce à la construction de nouvelles lignes de transport et de postes de transformation capables d’alimenter durablement la zone industrialo-portuaire. Une deuxième option repose sur la valorisation du gaz naturel disponible dans le bassin côtier de Muanda. Les discussions récentes entre les autorités et les opérateurs pétroliers mettent en avant un projet visant à transformer une partie des ressources gazières en électricité, tout en réduisant le torchage du gaz, avec des bénéfices à la fois économiques et environnementaux. Enfin, les énergies renouvelables figurent également parmi les pistes envisagées. Un projet de centrale solaire photovoltaïque est à l’étude afin de contribuer à la diversification des sources de production d’électricité. Bien que ce projet reste à concrétiser, il traduit une volonté d’engager progressivement la transition vers un mix énergétique local plus durable. Penser le port au-delà des quais L’expérience internationale montre que les grands ports modernes sont désormais conçus comme de véritables écosystèmes industriels. Le port de Banana pourrait ainsi devenir le point de départ d’une zone économique intégrée regroupant des industries de transformation, des plateformes logistiques, des infrastructures de stockage, des services portuaires ainsi que des activités pétrolières et gazières. Une telle ambition suppose une planification énergétique de long terme. L’électricité ne peut être considérée comme une infrastructure secondaire : elle constitue l’une des conditions essentielles de la compétitivité et de l’attractivité du futur complexe portuaire. Une opportunité pour accélérer la transition énergétique locale La construction du port représente également une occasion unique d’améliorer durablement l’accès à l’électricité pour les populations de Muanda. Les investissements destinés à sécuriser l’alimentation énergétique du port pourraient bénéficier aux ménages, aux PME, aux établissements de santé, aux écoles ainsi qu’aux futurs investisseurs industriels. Au-delà de la réussite du chantier, l’enjeu consiste donc à faire du développement énergétique un levier de croissance inclusive pour l’ensemble du territoire. Le port en eaux profondes de Banana constitue un projet stratégique pour l’économie congolaise. Toutefois, sa réussite dépendra autant de la qualité de ses infrastructures que de la disponibilité d’une énergie fiable, compétitive et durable. la véritable question n’est donc plus seulement de savoir quand le port sera achevé, mais aussi quelle stratégie énergétique accompagnera son exploitation et permettra à Muanda de devenir un véritable pôle industriel et logistique de la façade atlantique congolaise. Cette préoccupation majeure sera également au cœur des échanges de la Conférence scientifique « Muanda après pétrole », 3ᵉ édition, prévue du 24 au 25 août à Muanda. Cette rencontre offrira un cadre de réflexion sur les défis énergétiques, économiques et environnementaux liés à la transformation de ce territoire stratégique. Pepito SAKASAKA

Environnement

Conférence scientifique « Muanda après pétrole » 3ᵉ édition : le Professeur Dieudonné NSADISA FAKA, Hydrométéorologue, fait le point

Photo/Prof.Dr.Ir. Dieudonné NSADISA FAKA Approché par la rédaction de votre site internet Focus-Hydrocarbures.org, le Professeur Dieudonné NSADISA FAKA livre son analyse sur la pertinence de la tenue de la conférence scientifique dénommée « Muanda après pétrole » 3ᵉ édition, dont le thème principal est l’électrificité comme moteur du développement durable de Muanda : Défis, opportunité, et perspective pour l’après pétrole. Cette rencontre est prévue du 24 au 25 août 2026 dans le territoire de Muanda. Le Professeur NSADISA FAKA s’exprime en ces termes : « C’est une orientation adoptée depuis la COP29, où la communauté internationale a décidé de réfléchir et de travailler à l’après-pétrole. Aujourd’hui, les centres stratégiques se préparent à l’avènement de l’hydrogène vert. Muanda dispose de tous les atouts nécessaires pour produire cette énergie. Il s’agit avant tout d’une question de planification si nous voulons être au rendez-vous des évolutions mondiales. Cela signifie que les revenus du pétrole doivent servir à préparer et à financer la transition énergétique. » Cette analyse s’inscrit dans la logique d’une transition énergétique planifiée, adaptée aux réalités et aux spécificités de chaque région du monde, afin de répondre aux exigences climatiques contemporaines. Éminent chercheur et expert, le Professeur Dieudonné NSADISA FAKA est titulaire d’un doctorat (PhD) en hydrométéorologie et en gestion des risques climatiques. Il est également enseignant à l’Institut supérieur des techniques appliquées (ISTA) de Kinshasa. Il cumule plus de 25 ans d’expérience dans la recherche scientifique, l’enseignement supérieur et le conseil international en matière de climat et de développement durable. Il a notamment été coordonnateur du Centre des services climatiques de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) à Gaborone, au Botswana, où il a exercé en qualité d’expert en climat. Par la suite, il a été nommé Team Leader du programme Intra-ACP Climate Services and Related Applications au sein de l’Organisation of African, Caribbean and Pacific States (OACPS), un programme destiné à renforcer les services climatiques et leur utilisation au service du développement durable dans les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Le Professeur NSADISA FAKA est également l’auteur de plusieurs travaux scientifiques, notamment sur les pluies extrêmes et la gestion du ruissellement à Kinshasa. Ses recherches portent principalement sur la prévention des inondations, la modélisation hydrologique et l’adaptation aux changements climatiques. Pepito SAKASAKA

focus-hydrocarbures

Lualaba/RDC : début du retrait des militaires des sites miniers, un tournant pour la gouvernance du secteur extractif

PHOTO/Site Mine à ciel ouvert à l’Est de la RDC Le gouvernement congolais a entamé la mise en œuvre de la décision du Président de la République, ordonnant le retrait des militaires et policiers déployés de manière irrégulière dans les zones d’exploitation minière. La première phase de cette opération a été lancée sur le site minier de Kisankala, dans le territoire de Lubudi, province du Lualaba. Présent à Kolwezi, le commandant de la 22ᵉ région militaire, le général Eddy Kapend, a supervisé le retrait des éléments des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) présents sur ce site. Il a rappelé que cette opération répond aux instructions des autorités nationales visant à rétablir une gouvernance plus transparente du secteur minier. Le général Kapend a insisté sur le fait que les Forces armées n’ont pas pour mission de gérer les différends liés à l’exploitation minière ni de protéger des intérêts privés. Selon lui, les sites miniers doivent être administrés par les institutions compétentes, tandis que l’armée doit se consacrer exclusivement à la défense du territoire et à la protection des populations. L’opération de retrait devrait progressivement s’étendre à l’ensemble des sites miniers du Lualaba afin d’assurer l’application intégrale de la décision présidentielle. Cette mesure constitue un signal fort en faveur du renforcement de la gouvernance des ressources naturelles en République démocratique du Congo. En clarifiant les responsabilités entre les forces de défense et les acteurs du secteur extractif, les autorités cherchent à améliorer la transparence, à renforcer la sécurité juridique des investissements et à limiter les conflits d’intérêts autour de l’exploitation des ressources minières. Pour les secteurs miniers et des hydrocarbures, où la confiance des investisseurs repose notamment sur la stabilité institutionnelle et le respect des cadres réglementaires, cette réforme pourrait contribuer à créer un environnement d’affaires plus prévisible et conforme aux principes de bonne gouvernance. Jesse PUNA

focus-hydrocarbures

RDC : L’Ordre des géologues rend hommage au légendaire professeur Dona KAMPATA

PHOTO/Remise de la carte de l’OGRDC au Prof. Dona Après plus de quarante-cinq ans d’expérience dans les domaines académique et professionnel, l’Ordre des géologues de la République démocratique du Congo OGRDC a élevé le professeur Dona KAMPATA BWELELE, géologue d’exception, en reconnaissance de son remarquable parcours scientifique et institutionnel. À cette occasion, cette organisation lui a officiellement remis sa carte professionnelle, saluant ainsi un éminent géologue congolais dont le parcours témoigne d’une contribution exceptionnelle à la science géologique, à l’enseignement supérieur, à la recherche ainsi qu’à la gouvernance du secteur minier national. Titulaire d’une licence en sciences géologiques et minéralogiques, obtenue avec la mention Distinction à l’Université nationale du Zaïre campus du Shaba, le professeur Dona a poursuivi sa formation en Belgique, où il a décroché, quelques années plus tard, une maîtrise en géologie des terrains superficiels à l’Université de Liège, avec la mention Grande Distinction. Il a ensuite obtenu un doctorat en sciences, option Géologie et Minéralogie, à l’Université catholique de Louvain Belgique, grâce à une thèse intitulée : « Minéralogie et géochimie des kimberlites du Kundelungu », couronnée de la Plus Grande Distinction. Très engagé dans la recherche scientifique, il a reçu le Prix d’excellence de l’Académie royale des sciences d’outre-mer de Belgique Lauréat Lucien Cahen avant de devenir membre de cette prestigieuse institution scientifique. Depuis 2012, il poursuit ses activités d’enseignement supérieur en qualité de professeur à l’Université de Kinshasa, notamment à la Faculté de Pétrole, Gaz et Énergies nouvelles, où il a successivement occupé les fonctions de vice-doyen puis de doyen de la Faculté de Pétrole, Gaz et Énergies renouvelables. Il est également professeur visiteur à l’Université officielle de Mbuji-Mayi. Au cours de sa carrière, le professeur Dona KAMPATA a exercé plusieurs hautes fonctions au sein de l’administration minière congolaise. Il a notamment été conseillé, directeur de cabinet et directeur de cabinet adjoint auprès de plusieurs ministres des Mines. Il a également occupé des postes stratégiques, notamment ceux de directeur général au Cadastre minier CAMI, coordonnateur de la Cellule technique de coordination et de planification minière CTCPM, directeur général du Service géologique national du Congo SGNC ainsi qu’inspecteur général adjoint des Mines. il a également participé activement à l’élaboration du Code minier de 2002, à sa révision en 2018, à la rédaction du Règlement minier ainsi qu’à la création et à la structuration de plusieurs institutions minières nationales, notamment le Cadastre minier CAMI, le CEEC, la Commission de validation, la SODIMICO et le SAESCAM. Scientifique de renommée internationale, il a pris part à plusieurs grandes rencontres minières et scientifiques, notamment la conférence Indaba \(2002\-2018\), le Processus de Kimberley \(2001\-2011\), des forums internationaux sur l’investissement minier ainsi que de nombreuses missions scientifiques en Europe, en Afrique et en Asie. Auteur de plusieurs publications scientifiques majeures consacrées aux kimberlites du Kundelungu, à la géochimie et à la minéralogie des roches diamantifères, il demeure une référence nationale dans le domaine des géosciences. En somme, la remise de cette carte professionnelle à un géologue d’exception, professeur émérite, acteur majeur de la gouvernance minière congolaise et modèle d’engagement au service de la profession, constitue un vibrant hommage de l’Ordre des géologues de la RDC à une personnalité qui a consacré toute sa vie à la recherche scientifique et au développement de la République démocratique du Congo. Rédaction

focus-hydrocarbures

Mines: Projet Butembo Copper/Gold AWNR interpelle Copper Intelligence sur le respect des obligations environnementales

L’organisation féministe de la société civile African Women for Natural Resources (AWNR) appelle la société américaine Copper Intelligence Inc. à davantage de transparence dans la conduite de son projet d’exploration Butembo Copper/Gold, implanté dans la chefferie de Bashu, au Nord-Kivu. Si les premiers résultats géologiques annoncés par l’entreprise témoignent d’un potentiel minéral prometteur, l’organisation estime que ces avancées doivent impérativement s’accompagner du respect des exigences environnementales, sociales et légales prévues par la législation minière congolaise. Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par le renforcement du partenariat stratégique entre la République Démocratique du Congo et les États-Unis dans le secteur des minerais critiques. En février 2026, dans le cadre de cette dynamique de coopération, Copper Intelligence Inc. avait obtenu la licence cuprifère de Butembo afin d’y développer des activités d’exploration sur le projet « Butembo Copper/Gold », considéré comme l’un des nouveaux projets susceptibles de contribuer à la valorisation du potentiel cuprifère du pays. Le 1er juillet 2026, lors d’une communication à New York, Copper Intelligence a présenté les premiers résultats de sa campagne de forage. Selon l’entreprise, le forage de découverte (BCDD001) a intercepté une minéralisation de cuivre de 7,55 mètres à partir de la surface avec une teneur moyenne de 5,96 %. Un second forage (BCDD002), réalisé environ 100 mètres plus loin dans l’axe de la minéralisation, a confirmé la continuité du système avec deux intersections de 3 mètres affichant respectivement des teneurs de 0,24 % et de 1,89 % de cuivre. Pour les spécialistes, ces premiers résultats constituent des indicateurs encourageants du potentiel géologique du projet. Toutefois, ils ne suffisent pas, à eux seuls, à démontrer la viabilité économique d’un futur gisement. Des campagnes de forage supplémentaires, des estimations de ressources et des études techniques seront encore nécessaires avant toute éventuelle décision d’exploitation. Au-delà des performances techniques annoncées, AWNR attire l’attention sur le respect des obligations environnementales et sociales imposées aux titulaires des droits miniers en RDC. L’organisation rappelle que l’article 50 bis du Code minier ainsi que les articles 477 à 489 du Règlement minier encadrent notamment l’élaboration et la mise en œuvre du Plan d’Atténuation et de Réhabilitation (PAR), de l’Étude d’Impact Environnemental et Social (EIES) et du Plan de Gestion Environnementale et Sociale (PGES). Ces dispositions visent à garantir une meilleure prévention des impacts environnementaux ainsi qu’une participation effective des communautés concernées. Selon AWNR, les informations recueillies auprès des communautés locales, notamment par l’intermédiaire de l’Association Culturelle Nande (ACN Kyaghanda), indiqueraient que les travaux d’exploration auraient débuté sans consultations préalables des populations concernées. L’organisation affirme également n’avoir retrouvé aucune publication relative au Plan d’Atténuation et de Réhabilitation sur les canaux officiels de l’entreprise, tout en estimant que cette situation soulève des interrogations quant au respect des exigences de transparence prévues par la législation congolaise. À ce stade, ces préoccupations reflètent la position exprimée par AWNR et son partenaire communautaire. Elles n’établissent pas, à elles seules, l’existence d’un manquement juridiquement constaté de la part de Copper Intelligence Inc. Seules les autorités compétentes dispose du pouvoir de vérifier la conformité des procédures administratives et environnementales mises en œuvre dans le cadre du projet. Face à ces préoccupations, AWNR et ACN Kyaghanda invitent Copper Intelligence Inc. à publier les documents environnementaux requis par la réglementation, à renforcer le dialogue avec les communautés locales à travers des consultations inclusives et à assurer une communication régulière tout au long de l’évolution du projet. Les deux organisations exhortent également le ministère des Mines, les services techniques compétents ainsi que les autorités provinciales du Nord-Kivu à veiller à l’application rigoureuse des dispositions du Code minier et de son règlement d’application. Elles plaident pour un renforcement des mécanismes de contrôle, de suivi et, le cas échéant, de sanction afin de garantir que le développement du projet s’inscrive dans le respect des principes de transparence, de redevabilité, de protection de l’environnement et des droits des communautés locales. Moïse ILUNGA

focus-hydrocarbures

Muanda après pétrole : l’électrification au cœur de la troisième édition de la conférence scientifique

PHOTO/Vue d’ensemble de la conférence scientifique MAP 2éme Édition Face à l’épuisement progressif des ressources pétrolières, aux profondes mutations du secteur énergétique mondial et aux exigences du développement durable, il devient impératif de repenser l’avenir économique et social du territoire de Muanda. Berceau de l’industrie pétrolière en République démocratique du Congo, Muanda est aujourd’hui appelée à préparer sa transition vers un modèle de développement plus résilient, inclusif et durable. C’est dans cette perspective que la plateforme Focus Hydrocarbures SARLU, initiatrice de la conférence scientifique « Muanda Après Pétrole (MAP) », organise la troisième édition de ces assises qui se tiendront du lundi 24 au mardi 25 août, à l’hôtel Bevior de Muanda. Placée sous le thème : « L’électrification comme moteur de développement durable de Muanda : défis, opportunités et perspectives pour l’après-pétrole », cette rencontre scientifique réunira les décideurs publics, les acteurs du secteur privé, les chercheurs, les universitaires, les experts, les étudiants, les organisations de la société civile, les partenaires techniques et financiers ainsi que les communautés locales afin de réfléchir collectivement aux solutions susceptibles d’accompagner la transformation économique de Muanda. L’objectif principal de cette conférence est de créer un cadre de réflexion et d’échanges permettant d’identifier des stratégies durables fondées sur l’accès à l’électricité comme levier de développement. Les travaux porteront notamment sur les mécanismes pouvant favoriser l’industrialisation, le développement des petites et moyennes entreprises, la modernisation des activités artisanales, l’amélioration des services sociaux de base ainsi que l’attractivité économique du territoire dans le contexte de l’après-pétrole. Le déficit de la desserte en électricité demeure l’un des principaux freins au développement de Muanda. Malgré son immense potentiel économique et son rôle dans la production pétrolière nationale, le territoire continue de faire face à un accès limité à une énergie fiable et durable. Cette réalité freine l’essor des activités industrielles, agricoles, artisanales, commerciales et touristiques. La conférence entend ainsi proposer des recommandations concrètes et des stratégies adaptées afin de faire de l’électrification un véritable catalyseur du développement territorial. Au cours de ces deux journées, les participants prendront part à des conférences inaugurales, des panels scientifiques, des communications orales et affichées, des tables rondes multisectorielles, des expositions technologiques, des sessions de networking ainsi qu’à un atelier consacré à l’élaboration des recommandations finales destinées aux pouvoirs publics, aux partenaires au développement et aux investisseurs. Au-delà des échanges scientifiques, cette troisième édition ambitionne de favoriser la mise en place de partenariats durables, de promouvoir les investissements dans le secteur de l’énergie et de contribuer à la définition d’une vision partagée du développement de Muanda après l’ère pétrolière. La participation est ouverte à toutes les personnes et institutions intéressées, notamment les administrations publiques, les entreprises privées, les chercheurs, les universités, les étudiants, les experts, les ONG, les ASBL, les organisations de la société civile, les partenaires techniques et financiers, les sponsors ainsi que les communautés locales. Disons-le, Muanda mérite mieux, faisons de l’électrification le moteur d’un développement durable et d’un nouveau départ pour après le pétrole. Moïse ILUNGA

focus-hydrocarbures

Accord RDC-USA : Le corps de l’élite scientifique de l’UDPS apporte la lumière

Les 22 et 23 juin, l’Hôtel Hilton de Kinshasa a abrité une grande conférence scientifique sur le thème : Partenariat stratégique RDC-USA : enjeux, opportunités et appropriation effective. Cette troisième édition a été organisée par le Corps de l’Élite Scientifique de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS – structure rattachée à la présidence du parti. Elle a réuni des professeurs d’universités, chercheurs et experts de différents domaines. Objectif : apporter une réflexion scientifique sur cet accord et vulgariser son importance capitale auprès de la population. Plusieurs thématiques ont été abordées : éducation, science et technologie, gouvernance, sécurité et défense, mines et ressources naturelles, industrie, économie, commerce, relations internationales, ainsi que les infrastructures. Dans leurs interventions, professeurs et experts ont démontré la quintessence de cet accord stratégique qui renforce le pays sur les plans diplomatique, sécuritaire et économique. À travers cet accord, il est prévu : le financement de nouvelles campagnes d’exploration ; la numérisation des données géologiques ; le développement des infrastructures ; la création d’une chaîne de valeur locale autour des minerais stratégiques ; une meilleure traçabilité des minerais. Clôturant les travaux de cette grande conférence, le Coordonnateur National du Corps d’élite scientifique de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), le Docteur Donat Soft MUKUNA a souligné l’importance de ces assises qui offrent un cadre scientifique de réflexion sur les grands enjeux de l’heure pour le pays. Il a précisé que les recommandations et propositions formulées au cours de cette troisième édition ainsi que celles des éditions précédentes, seront compilées dans un ouvrage qui sera publié incessamment afin de le transmettre aux autorités politiques. Bénédicte MONI

Environnement

Douala Forum 2026 : vers l’adoption d’un nouvel ordre minier et des ressources naturelles en Afrique

PHOTO/Délégation de la République Démocratique du Congo au Forum Africain du Droit de Ressources Naturelles 2026 Après plusieurs jours de réflexions et d’échanges, la deuxième édition du Forum africain du droit des ressources naturelles a refermé ses portes ce vendredi 26 juin 2026 à Douala, en République du Cameroun. Placée sous le thème « Titres miniers : garanties et instruments de financement des opérations minières », cette rencontre annuelle a réuni des participants venus de plusieurs pays africains, notamment de la République démocratique du Congo, de la République du Congo, du Tchad, du Gabon et du Cameroun. « Le Forum africain du droit des ressources naturelles a été conçu pour les juristes africains, qu’ils soient ou non des acteurs du secteur des matières premières. Son objectif est de développer une expertise juridique africaine dans le domaine des ressources naturelles », a déclaré Germain Salla R., président fondateur de l’Institut des Matières Premières, organisateur de l’événement. Poursuivant son intervention, il a souligné que l’un des principaux défis de l’exploitation minière en Afrique réside dans le manque de juristes spécialisés en droit des ressources naturelles. Selon lui, ces experts sont indispensables pour accompagner les États et les entreprises dans la négociation de contrats plus équilibrés et plus favorables aux intérêts africains. Réparti en sept sessions, le forum a réuni plusieurs intervenants de haut niveau, parmi lesquels Sanda Oumarou, ministre honoraire des Postes et Télécommunications du Cameroun et expert financier, ainsi que le représentant du ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, aux côtés de nombreux spécialistes du secteur. Les différentes thématiques abordées ont permis de poser les bases d’une réflexion visant à faire des titres miniers de véritables instruments de financement des projets extractifs en Afrique. À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées. La plus ambitieuse porte sur l’adoption d’un nouvel ordre minier et des ressources naturelles en Afrique, susceptible d’assainir durablement le secteur. Cette vision repose notamment sur la promotion des capitaux nationaux, considérés comme un levier de souveraineté économique, le développement des métiers indispensables à l’industrie minière, le renforcement de l’intégration régionale et du partage d’expériences entre États, l’adaptation progressive aux exigences de la transition énergétique, ainsi que l’optimisation des données géologiques au service d’une meilleure gouvernance des ressources naturelles. Pepito SAKASAKA

Retour en haut