À l’aube de ce samedi 28 février 2026, plusieurs sources médiatiques internationales, dont BBC News, AFP et RT, feraient état de frappes conjointes israélo-américaines sur plusieurs villes d’Iran, ouvrant la voie à une escalade militaire tant redoutée. En réaction, l’armée iranienne aurait lancé des tirs de drones et de missiles en direction d’Israël ainsi que vers plusieurs États abritant des bases militaires américaines, notamment les Émirats arabes unis, la Jordanie, le Bahreïn et le Qatar, accentuant ainsi le risque d’embrasement régional.
Le Moyen-Orient demeure la zone la plus stratégique au monde pour la détermination du prix du baril. Une part significative (plus de 20% des exportations pétrolières mondiales) transite par le détroit d’Ormuz, véritable point névralgique du commerce énergétique mondial. Dans un tel contexte de guerre régionale et de perturbation des flux logistiques, les marchés réagissent immédiatement. Les agences de cotation, telles que S&P Global Platts, ajustent leurs références, entraînant mécaniquement une hausse des cours du Arabian light, Brent et du WTI, intégrant une prime de risque géopolitique.
L’économie congolaise étant largement extravertie, les effets d’un tel choc seraient inévitablement ressentis jusque dans le panier de la ménagère congolaise. Sur le marché pétrolier local, cette situation pourrait entraîner : une augmentation du Prix Moyen Frontière Commercial (PMFC) ; une pression à l’appréciation du dollar américain face au franc congolais.
Ces deux paramètres clés du mécanisme de fixation des prix des carburants en RDC seraient fortement influencés et pourraient conduire à une hausse du prix à la pompe. Il sied de rappeler qu’en juin dernier, lors de la guerre dite « de 12 jours », le gouvernement congolais avait réussi à maintenir le prix du litre grâce à des ajustements budgétaires et au mécanisme des Pertes et Manques à Gagner (PMAG).
Toutefois, si la crise actuelle devait s’inscrire dans la durée, la marge de manœuvre budgétaire pourrait être plus limitée, rendant l’anticipation stratégique indispensable. Chaque crise au Moyen-Orient rappelle une réalité simple : le prix du carburant à Kinshasa, Lubumbashi, Mbuji-Mayi, Goma, Kisangani, se décide aussi dans le Golfe.
Dans ce contexte, le gouvernement congolais devrait envisager des mesures à la fois conjoncturelles et structurelles afin de renforcer la résilience énergétique nationale face à cette crise. Cette séquence rappelle l’urgence pour la RDC d’accélérer la mise en place de capacités nationales de raffinage et de renforcer les infrastructures de stockage stratégique des produits pétroliers.
Moïse ILUNGA