HYDROCARBURES

L’actualité stratégique des hydrocarbures en Afrique

Le pétrole du lac Albert est-il en danger ? L’ingénieur Roger LOKAKAO lance un avertissement

PHOTO/Ir. Roger LOKAKAO dans un site d’exploitation pétrolière aux USA

Dans une déclaration adressée à la rédaction de Focus-hydrocarbures.org, l’ingénieur Roger LOKAKAO, Manager de projet et expert en forage basé aux États-Unis depuis plusieurs années, soulève une question cruciale concernant le pétrole brut contenu dans le lac Albert. Selon lui, ce réservoir de pétrole, partagé entre la République Démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda, pourrait se retrouver en danger, en raison de l’avancée significative de l’Ouganda dans l’exploitation, au détriment de la partie congolaise.

Le lac Albert, situé dans la région orientale de la RDC, sépare ce pays de l’Ouganda. Il recèle plusieurs milliards de barils de pétrole, dont l’exploitation pourrait durer 25 ans. Cette production aurait un impact majeur sur l’économie provinciale, ainsi que sur l’économie nationale et régionale, précise l’expert. Il ajoute : “Pendant ce temps, l’Ouganda, avec lequel la RDC partage ce réservoir, a déjà investi plus de 10 milliards de dollars américains dans les trois secteurs essentiels de l’exploitation pétrolière : en amont, en aval et dans l’intermédiation.”

Voici les réalisations de l’Ouganda ces huit dernières années dans ces différents domaines :

                1.            Activités en amont (exploration, exploitation et production) : Plus de 40 forages sont déjà prêts pour l’extraction du pétrole brut à la surface, avec une estimation de production de 60 000 barils par jour, soit trois fois la production actuelle de la RDC à Muanda.

                2.            Activités en aval (raffinage) : Une raffinerie d’une capacité de 60 000 barils par jour est en construction, permettant la transformation du pétrole brut en produits finis.

                3.            Activités intermédiaires (stockage, traitement et transport) : La construction de 70 % du pipeline devant acheminer le pétrole du lac Albert jusqu’au port d’exportation en Tanzanie est déjà achevée, soit environ 1 000 km sur un total de 1 400 km.

En résumé, l’Ouganda a fait d’énormes progrès dans l’exploitation du pétrole du lac Albert. En revanche, du côté congolais, on observe un manque de volonté politique pour exploiter ce potentiel. L’ingénieur LOKAKAO souligne que, étant donné que l’exploitation d’un puits de pétrole ou de gaz se fait généralement de manière horizontale, et face à une tendance à ignorer l’expertise congolaise dans ce domaine, tout semble indiquer que l’Ouganda pourrait tirer avantage de la situation. “Cela pourrait même mener à une situation où ce pays voisin exploiterait notre pétrole”, prévient-il, sous un ton patriotique, en ajoutant que cette situation pourrait entraîner des tensions voire des conflits, à l’instar de ce que l’on observe aujourd’hui avec le Rwanda.

Pepito SAKASAKA

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