HYDROCARBURES

L’actualité stratégique des hydrocarbures en Afrique

Comment se passe l’approvisionnement en carburant dans les zones sous tensions à l’Est de la RDC ?

Cette question pertinente a fait l’objet d’une discussion en ligne dénommée Talk Energy initiée par la plateforme Focus Hydrocarbures le dimanche 23 février 2025 à laquelle plusieurs personnes ont assisté y compris les habitants de Goma, Bukavu et ceux d’autres coins de l’Est du Congo sous occupation de force négative soutenue par le Rwanda.

En effet, Les produits pétroliers destinés à Goma proviennent principalement de plusieurs sources notamment de la Tanzanie (Port de Dar es-Salaam), l’une des principales routes d’importation du carburant en RDC. Les produits y arrivent par bateau puis sont transportés par route à travers le Burundi et le Rwanda avant d’entrer en RDC. Le Kenya (Port de Mombasa) est  Une autre voie importante d’où les produits sont acheminés par pipeline et camions jusqu’à la frontière rwandaise vers la ville de Goma. Ouganda (Port de Kampala) voisin à son tour fait transiter aussi le carburant avant d’entrer en RDC. Le Rwanda (dépôts de Kigali et Rubavu) reçoit Une partie du carburant stocké est revendue à la RDC.

A savoir, les principaux Points de passage des produits pétroliers à Goma sont le poste frontalier de la Petite Barrière et de la Grande Barrière (Goma – Rubavu/Gisenyi, Rwanda). La plupart des camions citernes empruntent ces points de passage pour entrer à Goma. Les dépôts pétroliers situés à Gisenyi (Rwanda) approvisionnent souvent Goma.

Depuis le début de l’agression du M23, le gouvernement n’avait pas autorisé la fermeture des frontières avec le Rwanda, en raison de la forte dépendance aux produits pétroliers importés.

Aujourd’hui, pendant cette occupation, les produits pétroliers transitent directement du Rwanda vers la ville sans passer par les services de contrôle congolais. Les opérateurs économiques sont contraints de travailler avec les banques rwandaises pour importer les produits pétroliers car les banques à Goma ne fonctionnent plus. Cette situation a d’énormes conséquences sur l’économie de la RDC entraînant un manque à gagner énorme, écoulement fiscal, déchirant le climat d’affaire dans cette partie de la République. À cela s’ajoute une hausse des prix des produits pétroliers, observée dès la première semaine de l’invasion.

A retenir, malgré cette augmentation, les prix des produits de premières nécessités n’ont pas changé. Cela s’explique par l’absence des impôts qui étaient auparavant perçus et par la réouverture des routes menant vers Masisi et Rutshuru, deux territoires qui approvisionnent la ville de Goma. Les stations services poursuivent leurs activités sous la pression et intimidation de rebelles.

Pour sortir de cette situation atroce à de conséquences incalculables ses experts réunis lors de ce webinaire condamnent cette attaque meurtrière sous format d’une guerre économique et suggèrent ce qui suit : le rétablissement de la paix et retour de l’autorité de l’Etat, diversification des sources d’approvisionnement en carburant dans cette partie de la RDC afin de réduire sensiblement la dépendance au Rwanda en développant des alternatives d’importation via l’Ouganda et la Tanzanie, renforcer l’axe Dar es-Salaam – Uvira – Bukavu – Goma pour sécuriser un corridor alternatif. Cela est possible si le gouvernement améliore la voie routière et surtout s’il se dote des barges citernes pour un trafic sur le lac Kivu, encourager les investissements privés dans la construction de dépôts pétroliers en RDC (notamment à Bukavu ou Goma) pour le stocke stratégique, sécurisation des voies d’acheminement c’est-à-dire travailler à la stabilisation des routes reliant Goma aux autres provinces (Sud-Kivu, Tshopo, etc.), mettre en place en toute urgence un couloir humanitaire pour les produits stratégiques (pétrole, médicaments, denrées alimentaires) sous l’égide d’organisations internationales. Dans le long terme, le gouvernement peut encourager l’exploitation du pétrole brut dans le rift Est graben albertine et la transformation du pétrole brut et gaz méthane à Goma, la poursuite du programme de marquage moléculaire.

Rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut