
PHOTO/Vue de l’assistance lors de la conférence à l’UNIKIN
La Faculté de Pétrole, Gaz et Énergies Renouvelables de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) a organisé, le mercredi 20 mai 2026, une importante conférence-débat autour du thème : « Stabilisation des prix des produits pétroliers et pouvoir d’achat des ménages dans un contexte de choc pétrolier : maintien ou suppression des subventions ? ».
Placée sous le haut patronage du Vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, le professeur Daniel MUKOKO SAMBA, cette activité scientifique a réuni plusieurs experts du secteur pétrolier, représentants des entreprises, universitaires, étudiants ainsi que des acteurs économiques dans la salle Monekoso des Cliniques Universitaires de Kinshasa.
Durant plusieurs heures d’échanges riches et instructifs, les intervenants ont analysé les défis auxquels fait face le secteur pétrolier congolais dans un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques, des fluctuations des prix du brut et des pressions économiques croissantes sur les ménages.
Le député national et enseignant à l’UNIKIN, Paul MUHETA, est intervenu sur la question de la stabilisation des prix des produits pétroliers dans un cadre marqué par des chocs internes et externes. Il a expliqué les mécanismes économiques qui influencent les prix des carburants ainsi que les défis auxquels les autorités sont confrontées pour protéger le pouvoir d’achat de la population. Tout en formulant quelques recommandations à mettre en place par le gouvernement pour se prévenir d’un futur choc.
De son côté, Moïse TSHIMENGA, délégué pays de la Banque mondiale, a développé le thème portant sur les conflits au Moyen-Orient et leurs impacts sur l’économie congolaise. Son intervention était centrée sur les économies africaines qui sont dépendantes des importations pétrolières. En expliquant qu’au moins 80 % des pays au monde sont des importateurs de produits pétroliers et que la crise au Moyen-Orient exerce une pression sur les économies africaines qui pour la plupart sont des importateurs nets.
Poursuivant les échanges, l’Expert Pascal MUKENDI, directeur des services généraux et de la planification de COBIL S.A., a exposé sur les défis de la commercialisation des produits pétroliers importés dans un contexte de chocs pétroliers. Il a abordé les difficultés liées au coût d’approvisionnement réel des produits pétroliers au prix de vente à la pompe, le paiement tardif des pertes et manques à gagner par l’État Congolais ainsi qu’à la volatilité des coûts sur le marché international.
Pour sa part, Patrick NIMWA, Terminal Manager du site de Maluku de Lerexcom Petroleum S.A., a entretenu l’assistance sur l’approvisionnement, la logistique et la compétitivité des entreprises pétrolières face aux contraintes du marché et à l’impact des politiques de subvention. Son exposé a mis en lumière les réalités opérationnelles des sociétés pétrolières qui sont confrontées à une demande galopante face à des infrastructures aux capacités limitées ainsi que les enjeux liés à la rentabilité et à la continuité de l’approvisionnement en carburant.
Enfin, l’expert pétrolier senior et enseignant-chercheur à l’Université de Kinshasa, José BAFALA, a clôturé les interventions autour du thème : « Quelles perspectives pour le secteur pétrolier dans une situation de crise énergétique ? ». Il a insisté sur l’éthique et la nécessité pour la RDC de renforcer sa stratégie énergétique, de réaliser l’audit des coûts des entreprises logistiques pétrolières en vue d’établir le coût réel des opérations, d’encourager les investissements dans les infrastructures pétrolières et de promouvoir la formation des jeunes dans le secteur.
Au terme de cette activité, le délégué facultaire, Monsieur Mercel KUBISAKA, a remercié l’ensemble des participants, les conférenciers ainsi que les partenaires ayant contribué à la réussite de cette conférence-débat. Il a également lancé un appel aux sociétés pétrolières afin d’accompagner les étudiants en leur offrant davantage d’opportunités de stages académiques et d’insertion professionnelle.
Au-delà du débat sur les subventions, cette conférence aura surtout révélé les fragilités structurelles du secteur pétrolier congolais, encore fortement dépendant des importations et exposé aux crises internationales.
Dans un environnement mondial marqué par l’instabilité énergétique, cette conférence a permis de mettre en lumière l’urgence de relever les défis énergétiques de la RDC, de réfléchir à l’applicabilité du prix réel à la pompe tout en préparant une nouvelle génération de professionnels capables de relever les contraintes du secteur des Hydrocarbures à travers un plan énergétique adapté aux réalités du pays.
Moïse ILUNGA